Les mauriciens ont manifesté contre la passation de pouvoir d’Aneerod Jugnauth à Pravind Jugnauth le 27 janvier 2017, à Port-Louis. Cette marche pacifique a servi à dénoncer cette passation de pouvoir, certes constitutionnellement légale, en la qualifiant de moralement illégale. Une aubaine pour l’opposition qui a demandé la tenue de nouvelles élections, des promesses pour une démocratie meilleure ou un lendemain moins corrompu qu’aujourd’hui en autres.

Je ne suis pas pour prendre parti dans ce débat ou même afficher une couleur politique. Ce post (un gribouillage insignifiant) n’est pas ma façon de montrer mon support pour cette lutte. Je ne compte ni lancer un mouvement politique « pour les jeunes » ou ni même en pleurer longuement. Je respecte chacune des initiatives prises, aussi petites qu’elles soient, pour sauver la démocratie.

Il y a eu certains qui ont écrit longuement sur le sujet, Des hashtags #notmypm ont vu le jour sur les réseaux sociaux. Si nous ne pouvions pas parler par nos élus, alors internet devenait notre micro. Entre félicitations et dégouts, j’ai presque fait le tour de toutes les réactions concernant cette nouvelle. Les medias ont couvert le sujet dans toutes les façons possibles et imaginables. Une semaine, après la manifestation, les affaires sont revenues à la normale.

Pour ma part, j’ai rien fait de grandiose le 27 janvier, 2017 (sauf suivre la manifestation en fil rouge). Je le confesse : JE SUIS LACHE. Je n’ai pas eu le courage d’en parler sur les réseaux sociaux, ni même de descendre dans les rues. Je suis tellement lâche que j’ai juste parlé du sujet avec une amie (elle ne voulait même pas en parler). Je sais que je suis jeune, la génération de demain et gardien de la démocratie dans le future. Je suis la voix du peuple et mon avis compte. Je suis quelqu’un qui doit se battre pour la démocratie en parlant et reparlant de cette passation de pouvoir, jusqu’à en faire le tour entier. Mais merde à la fin. Je suis lâche et pour une fois, j’ai adorée l’être.

« Pardonnez-moi mon père pour avoir péché ? »Pourtant, on pouvait se révolter contre tous. De dire non à cette transition père-fils à la tenue des élections, on avait tous les droits de protester. Je ne l’ai pas fait car je ne savais pas pourquoi je devais dire « non ». Il y a eu un vaste choix pour dire « non à quoi » mais aucune possibilité de dire « oui à ça ». C’est à partir de cela que ma lâcheté s’explique.

Excusez- moi de ne pas avoir eu le courage qui a animé les mouvements de protestation des jeunes en Egypte, la Grèce et l’Espagne. Je me suis senti comme un simple instrument pour assouvir les intérêts des autres. J’ai été révolté contre cette passation de pouvoir mais je ne voulais pas d’un autre parti politique traditionnel à la tête du pays.  Je ne voulais pas entendre des belles promesses sur la jeunesse et la politique ou même la jeunesse et la méritocratie. Il y a eu la création d’un nouveau parti politique avec l’espoir d’un changement mais c’était plus une sorte de revanche contre le gouvernement.

J’ai eu marre d’entendre les mêmes discours sur « faire de la politique autrement ». J’ai préféré être lâche pour cette manifestation car la situation n’a guère change une semaine après l’évènement. Le financement des partis politiques est aussi transparent que leurs actions. Les femmes peinent a avoir leur place dans le parlement. Mon vote me permet juste de choisir le parti gagnant et non le premier ministre. J’en ai marre de voir que le jeu de la chaise musicale pour la place de premier ministre se poursuit seulement avec un nombre restreint de candidat.

Avec toutes ces raisons, je continue à être lâche dans une démocratie. Je ne suis pas soumis car je ne tolère point la situation actuelle. Je suis lâche de la changer pour le même résultat. Peut-être devrais-je créer un parti de lâches pour montrer à ceux qui sont au pouvoir que l’on a marre d’eux. On se cachera derrière nos profils sur les réseaux sociaux pour crier à la révolte. La décision est vraiment lâche mais je ne servirai pas ceux qui défendent le statu quo sous toutes les façons possibles. Je préfère être lâche car les solutions alternatives ne sont qu’une duplication de la réalité présente.  Peut-être un jour notre lâcheté nous unira et on sera assez forts pour créer le changement. Jusqu’à ce jour, j’ai bien des bonnes raisons à être lâches. Pour l’instant, nous avons à la tête de notre pays un premier ministre que nous n’avons pas élu comme l’Amérique  a Donald Trump.

J’ai une amie qui a parlé du même sujet avec une dose d’humour et de sarcasme. Je vous conseille de la lire.

https://sharonsamypoliticaljournalism.wordpress.com/2017/02/03/politik-marsan-fris/


Je laisse la chanson de la semaine en attente de vos commentaires

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